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Une interview avec...
Pierre-Adrien Lecerf

Quatrième Édition

Prix du public pour Mirabella

Co-réalisé avec Séverine Szczypta

Quel est votre parcours ?

Avant 2005, j’avais bossé dans les effets spéciaux dans le cinéma, sur Un long dimanche de fiançailles, j’avais aussi travaillé avec une des toutes premières séries en stop motion, Les Grabonautes. J’ai vu un peu ce qu’il était possible de faire à des échelles réduites, on pouvait faire ce qu’on voulait comme espaces et créer de la vie en petit.

 

J’ai fait un cursus d’arts appliqués à Montauban, ça m’a ouvert l’esprit sur les différents corps de métiers, les stages possibles. Maintenant ça s’appelle l’ISCID. Y’a toujours un pôle animation, je donne tous les ans un workshop là-bas. Je fais toujours des ateliers avec des professionnels, cette année on a fait une formation pour apprendre aux marionnettistes live l’animation volume. Je bosse pas mal avec des compagnies de marionnettes, je fais leur scénographie. J’ai pas mal bossé avec la compagnie Creature, qui est toulousaine, qui fabrique des marionnettes live. Je bosse aussi à L’Usine, un centre national du théâtre de rue, à l’intérieur de cet espace, y’a un savoir-faire qui tourne là-bas, un espace pour travailler. Y’a La Ménagerie qui est là-bas, ils proposent des ateliers pour enfants dans toute la région, pour apprendre l’animation 2D et le stop motion.

Il s’est passé pas mal de choses depuis 2005. 17 ans en animation volume, je commence à remettre le nez dedans depuis 5/6 ans. Je bossais avec TAT productions quand ils faisaient encore du volume. On m’a contacté pour retravailler sur Kiwi sur France TV, pour apprendre l’anglais aux tout petits. J’ai remis un pied dans l’animation comme ça. Depuis, j’ai un projet en stop motion, j’ai monté un autre projet, on a un teaser pour la télé, un spécial Noël. J’ai remis le pied à l’étrier. Je bosse toujours dans le décor, je suis intermittent depuis 2005.

J’ai beaucoup travaillé dans la décoration, fait des décors pour le cinéma, l’événementiel, le publicitaire. J’ai toujours les mains dans la matière, à travailler le métal, le bois, la résine, le silicone, le papier.

Quels souvenirs gardez-vous du festival ?

Je sais plus si j’étais venu ou pas. Je crois que j’ai toujours le trophée. C’était une bonne surprise, j’avais fait toutes les démarches, c’est moi qui produisais, envoyais, diffusais. La fin de vie d’étudiant, l’arrivée dans la vie active, c’est sûr que c’était bien. Le film, on l’avait co-réalisé avec Séverine Szczypta. Ce projet nous avait un peu détruits, c’était très fusionnel, ça demandait beaucoup de temps, d’investissement.

Mirabella, c’était inspiré d’Oscar Wilde et aussi d’Edgar Poe, Le Portrait ovale – un peu un mix des deux, réactualisé. J’en garde de super souvenirs, on avait réussi à faire des copies 35, on avait fait un étalonnage très pro, un super mixage, une super musique. On avait fait un truc qui tient bien la route. Il avait pas mal marché, on était passés sur Arte aussi, il était en compétition au festival romantique de Cabourg. On avait eu une dizaine de prix.

C’est quoi le court-métrage, pour vous ?

L’expérimentation, une sorte d’expérimentation graphique. Ne pas avoir de limites dans l’imaginaire et essayer de se découvrir, de voir. Ça représente un aboutissement. C’est un champ d’expérimentation. Dans un espace réduit, ça permet de tout imaginer, tout concevoir, tout créer. Sur d’autres formats, en films volume, ça reste assez compliqué, assez cher pour le format long. Le court est un format idéal pour la stop motion. Ça devient de plus en plus courant pour le long-métrage, par exemple y’en a qui se font à Rennes en ce moment. Mais c’est pas si courant. Ça permet de montrer une sorte de patte, c’est un champ où tout est possible.

Nous c’était un format étudiant, personne n’était payé, ça a été un an et demi de travail, deux mois de construction des décors, deux mois de tournage. Ça a été long, dès que y’a pas de sous, tout prend du temps… Tout doit être anticipé, on anime, le storyboard devait être très précis, tout doit être hyper prévu. C’est l’esprit du court.

Le court reste quelque chose de possible pour pouvoir enclencher d’autres choses, c’est bien de se faire un nom avec des courts pour ouvrir d’autres portes.

 

Quels conseils donneriez-vous à un.e jeune réalisateur.trice ?

De croire en soi. De pas hésiter à frapper à toutes les portes, toutes les boîtes de production. Ne jamais baisser les bras, croire en son projet, toujours être à l’écoute de tous les conseils, de toutes les remarques.