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Une interview avec...
Fabrice du Peloux

Troisième Édition

Prix du public pour Jeux de haute société

Co-réalisé avec Pierre Bernier

Quel est votre parcours ?

J’ai surtout fait du documentaire, notamment depuis 2012. Beaucoup de documentaires, dans l’univers de la nature, de l’agriculture, de la pêche… Pour des chaînes comme France Ô, ou Campagne TV. Mais j’ai aussi continué de travailler dans la fiction : je suis cadreur et monteur d’Hubert Viel, on a fait 3 longs-métrages ensemble (Artémis, coeur d'artichautLes Filles au Moyen-Age ; Louloute).

Avant le documentaire, j’ai fondé une société de production avec 8 associés rencontrés à l’ESRA, maintenant on est une quinzaine avec plus de 10 ans d’existence : Artisans du Film. On est situés à Ourcq, on fait de la fiction, de la pub, de l’institutionnel, du documentaire… Dans ce qu’on a produit, on retrouve les deux premiers films de Viel, L’époque de Matthieu Barrère… J’ai quitté Paris en 2013 et maintenant je suis en Ardèche : mon bureau est un peu comme une prolongation de ce qui se passe à Paris, j’ai une salle de montage, je travaille essentiellement avec Artisans du Film.

J’ai aussi travaillé dans la musique pour faire des captations live un peu intimistes : Moriarty, La Maison Tellier, Ken Boothe, FM Late.

J’ai un profil, je fais tous les corps de métier : les documentaires, je les écris, les tourne et les monte. Ça me permet de m’exprimer artistiquement dans tous les domaines : j’ai aussi l’impression de faire de la fiction quand je fais des documentaires.

 

Quels souvenirs gardez-vous du festival ?

J’avais l’envie viscérale de faire des films, l’envie de voir ce que ça faisait, de transformer ce qu’on a dans la tête en choses concrètes.

Jeux de haute société, c’était un Cluedo grandeur nature. Comme une sorte de duel entre un détective et un organisateur de jeux un peu grandeur nature. Ça se passait, pas dans un village de western, mais dans un hôtel particulier parisien, avec des déambulations. On avait mis beaucoup de steady cam, ça avait marqué le coup parce qu’on en utilisait peu dans les films d’école. L’idée, c’était accompagner les personnages dans leurs déambulations sans que ce soit trop fixe.

C’était mon premier prix. Je n’ai pas pu aller chercher le prix parce que j’étais en tournage pour le film d’école de l’année d’après. Le film était fait en super 16, il a vieilli, on avait pris une pellicule 500T, un truc plus économe, et au final il aurait fallu avoir beaucoup plus de lumière pour éclairer les intérieurs. Il est assez sombre, on sent vraiment le grain.

C’est mon associé-producteur qui est allé chercher le prix à ma place. Mais j’ai toujours eu un bon sentiment autour de ce prix : ça a été le tout premier. Premier festival, premier prix de toute une carrière qui dure depuis 15 ans.

C’est des films qui ont eu une vie, qui ont été sympas. Je suis heureux d’avoir eu la chance de réaliser des films en pellicule les deux dernières années.

C’est quoi le court-métrage, pour vous ?

Je le vois comme quelque chose d’un peu vif, dans l’intensité. Il y a une énergie, peut-être même un peu d’efficacité.

Je suis passé du court-métrage au long-métrage, sans qu’il y ait eu spécialement un moment en particulier. Après les courts, on passe au long. C’est normal, une évolution normale. Moi j’ai choisi de faire du documentaire, je suis tombé dedans par hasard, et je me suis éclaté parce que j’ai fait : pendant 10 ans j’ai fait 25 documentaires. C’est beaucoup plus intéressant de fabriquer des choses, d’en faire plein, plutôt que une tous les 4/5 ans. J’ai l’impression de m’éclater autant que si je faisais vraiment des longs-métrages.

 

Quels conseils donneriez-vous à un.e jeune réalisateur.trice ?

Pour réussir à faire des films et à en faire un métier, il ne faut pas hésiter à filmer tout un tas de choses, bénévolement ou non, pendant les premières années. C’est en faisant plein de trucs pas payés qu’on se retrouve à faire plein de trucs payés.

 

Rester bien connectés avec les gens de sa génération, ceux avec qui on étudie, avec qui on fait les premiers films : c’est avec eux que plus tard, on continue, on se fait un réseau artistique, amical, professionnel.

 

Ne pas hésiter à dégainer la caméra pour tout, tous types de projets, des films fauchés, des films dans la musique où y’a pas de budget. Il faut vivre la passion qu’est l’artistique et l’image. Filmer et monter soi-même les trucs qu’on filme à la maison. Faut passer des années à filmer tout ce que tu peux.

Quand on faisait un court-métrage en pellicule à l’école, on avait un pote qui faisait 10h de making-of, et peu à peu il s’est mis à faire le making-of de tout.

Tous les gens que j’ai filmés en musique, j’ai pu utiliser leurs musiques dans mes films. Ça a donné des échanges artistiques très sympas.